
J’ai créé la pépinière L’Arborée en 2023, l’aventure est riche et gratifiante. C’est une petite pépinière où je travaille seule (hormis les périodes de pic d’activité), je greffe tous les arbres moi-même et réalise tous les semis et boutures. La majorité des travaux sont effectués manuellement (plantation, greffe, désherbage, déterrage).
Économiser l’eau
L’irrigation est réalisée par goutte-à-goutte au pied des arbres, les rangs sont ensuite paillés à partir de juin afin de limiter l’évaporation et garder humide le pied des arbres. L’eau est pompée dans la rivière située en bas de la parcelle au début du printemps (avant avril) et stockée dans une cuve souple. Ensuite l’arrosage se fait par gravité. Cela permet de stopper les prélèvements l’été quand le niveau de la rivière est au plus bas.
Prendre soin de la biodiversité et du sol
J’ai la chance d’avoir de grandes haies bien denses et diversifiées délimitant la parcelle, c’est très précieux car elles abritent tout plein d’auxiliaires, ralentissent le vent, apportent de la fraîcheur et font de l’ombre.
Les entre-rangs sont enherbés, plantes spontanées et semis de trèfle ou luzerne, et tondus pendant la saison. Cela permet de garder un sol couvert, l’humidité y reste plus longtemps, et les différents insectes auxiliaires y trouvent refuge.
La pépinière est labellisée en bio, je n’utilise aucun produit de synthèse chimique. Les amendements réalisés sont du fumier, des extraits fermentés de plantes pour stimuler les défenses naturelles des arbres et lutter contre certaines maladies, de la paille.
Les planches sont cultivées une à deux saisons puis mis au repos avec un semis d’engrais verts.
Le sol de la pépinière est composé principalement de limons et d’argiles, ce qui en fait un sol très lourd, où les racines ont du mal à pénétrer, asphyxiant, rendant difficile l’activité biologique et difficile à travailler quand il fait trop humide ou trop sec… C’est un sol qui rend le travail de pépinière technique, laborieux et parfois carrément désespérant. Malgré tout je reste optimiste et j’investi tout ce que je peux pour améliorer sa structure : ajout de matière organique, pulvérisation d’extraits fermentés de plantes et de micro-organismes bénéfiques, semis d’engrais verts, rotation des cultures…
La parcelle fait 1ha et comprend différentes zones :
Un verger conservatoire où sont plantées un exemplaire de chaque variété du catalogue, soit une centaine de plants. Les plants sont laissés en port libre c’est-à-dire sans taille de formation afin d’observer le port naturel de l’arbre et sa vigueur. Des arbustes et plantes couvre-sols sont plantés entre les arbres afin de réaliser des haies fruitières denses. Ces pieds-mères serviront à terme à prélever des greffons, goûter les fruits, observer leur comportement face aux aléas climatiques et à la résistance aux maladies.
Un verger à greffons qui comprend deux exemplaires de chaque variétés, l’espacement entre les arbres est réduit car ils sont rabattus chaque année dans l’objectif de produire du bois pour le prélèvement des greffons.
Une serre pour la multiplication des plants forestiers et porte-greffes. Les graines sont semées en terrine après stratification, puis les plants sont repiqués en pleine terre au stade plantule.
La jauge de sable fin sert au stockage des arbres pendant la saison de vente, de novembre à mars. Le sable permet de bien s’insérer autour des racines et de garder les racines des arbres humides et à l’abri de la lumière. Cela facilite aussi la manipulation des arbres pour la préparation des commandes.
La pépinière, elle-même composée principalement de trois zones : les arbres greffés en anglaise qui resteront une saison en terre, les arbres greffés en écusson l’année précédente qui restent deux saisons en terre, et les porte-greffes qui seront greffés dans l’été.
A cela s’ajoute, des boutures de petits fruits en pleine terre, les marcottes de noisetiers repiquées, les plants forestiers et les porte-greffes (semis ou repiquage) qui sont installés sous ombrière le temps de la reprise. J’essaie le plus possible de semer directement en pleine terre car cela donne des plants plus vigoureux et résistants.
Le reste de la parcelle qui n’est pas cultivé pour le moment, reste en prairie et des brebis viennent y pâturer à la fin du printemps. Cela entretient la parcelle et permet d’amender le sol en vue des futures cultures.
Si vous souhaitez visiter la pépinière, j’organise chaque année des portes-ouvertes le dernier weekend de septembre. Au plaisir de la rencontre !



















